Trop de croissance nuit à la qualité de nos formations. Comment s’adapter ?


Chères collègues,

Chers collègues,

 

Notre année académique a débuté voici 15 jours et  il nous est apparu opportun de faire le point sur certains aspects.

Cette rentrée est marquée à HELMo par une croissance de population significative. En faisant la moyenne des inscriptions dans chacune des premières années des différentes sections de la Haute Ecole, les chiffres (au 1er octobre) font apparaître une augmentation de 6 %.

Ils montrent :

  • Une croissance très significative dans le technique court + 30%
  • Une croissance significative d’environ + 9 à + 13 % dans le paramédical – le social – le technique long
  • Une croissance dans l’économique +7,8 %
  • Une décroissance dans le pédagogique de 5 %

Le Collège de direction est bien conscient que cette croissance est à la fois un gage d’avenir pour nos formations, pour  l’emploi et pour les projets futurs de la Haute Ecole. Mais cette croissance est aussi un problème car, dans certains cas, les moyens d’encadrement (humains et matériels) prévus sont trop justes.

Si nous étions dans l’enseignement secondaire (par exemple), la Communauté française apporterait immédiatement des moyens complémentaires aux catégories paramédical et technique car elles présentent une augmentation de population de plus de 10 %. Pour l’enseignement en Haute Ecole, ce type d’ajustement n’existe pas.

Quelques mots d’explication :

  1. Nous travaillons dans une enveloppe fermée. Cela veut dire que, si le nombre d’étudiants pour toutes les Hautes Ecoles de la Communauté française augmente (et c’est le cas depuis 10 ans), le financement par étudiant diminue. Pour HELMo concrètement cela signifie que de 2010 à 2015, nous avons 20 % d’étudiants en plus mais seulement 15 % de moyens en plus pour les encadrer. Il y a donc 5 % de moyens en moins par étudiant.
  2. Pour déterminer le nombre d’étudiants finançables à HELMo, nous devons prendre en compte la moyenne des trois dernières années. Cela signifie qu’une forte croissance comme cette année n’aura pas un impact direct sur le financement de 2016, mais bien de 2017 et 2018. (NB : Pour encore compliquer le tout, le financement reçu par la Communauté Française est calculé en année civile alors qu’en tant qu’opérateur d’enseignement, c’est l’année académique qui compte… ). Ce qui est vrai en cas de croissance est aussi vrai en cas de décroissance (mais dans ce cas de figure, le système permet d’amortir le choc au niveau de l’encadrement et de l’emploi)
  3. Un étudiant n’équivaut pas à un étudiant ! Derrière ce problème se cache la notion de « coefficient de financement ». Dans l’économique, ce coefficient est de 1 ; dans le pédagogique, il est de 1,65. Donc si nous gagnons 100 étudiants dans l’économique et que nous en perdons 100 dans le pédagogique, dans les faits, nous perdons du financement. Dans cet exemple, nous aurions un financement supplémentaire de  100 étudiants x le coefficient de 1 = 100 étudiants dans l’économique, mais nous en perdrions 100 x 1,65 = 165 dans le pédagogique. Nous aurions donc une perte de financement qui équivaudrait à 65.

Néanmoins, au-delà de ces difficultés structurelles que nous avons à subir, et pour faire face aux problèmes (manque de locaux, pas assez d’encadrement,…) liés à l’augmentation de population,  le Conseil d’administration en ce 1er octobre, sur proposition du Collège de direction, a pris deux décisions :

  • Injecter 250.000 euros (4 ETP) pour augmenter l’encadrement dans les catégories technique court et économique (Ce financement se fait sur base de la solidarité des catégories : social – paramédical – pédagogique et des services transversaux (110.000 euros) + une reprise sur les bénéfices non affectés des années antérieures de 140.000 euros).
  • Investir 105.000 euros dans des équipements pédagogiques dans les catégories technique (80.000) et économique (25.000).

Le Collège est bien conscient que ces solutions, si elles ont le mérite d’exister, ne comblent sans doute pas toutes les difficultés rencontrées.

Signalons entre autres  que l’augmentation de population se fait avec un volume constant du personnel administratif qui, avec le décret Marcourt, est aussi mis à rude épreuve. De même, dans plusieurs sites, les locaux sont en nombre insuffisant ou sont inadaptés à l’augmentation de la taille des groupes d’étudiants.

Par ailleurs, le Conseil d’administration a choisi une gestion prudente des moyens afin de nous permettre d’anticiper et assumer des problèmes liés aux équipements et infrastructures qui contribuent aussi largement  aux conditions correctes de travail tant des étudiants que des enseignants. La politique construite pour les Campus est une garantie de sécurité pour tous et nous devons en assurer la pérénité.

Suite aux différentes réformes de l’enseignement supérieur (démarche qualité – aide à la réussite – parcours individualisé -…). Le Collège de direction est bien conscient que chaque membre du personnel remplit aujourd’hui d’autres tâches et missions qu’il y a 10 ans. Ces tâches se sont souvent ajoutées à celles qui existaient déjà.

Les Hautes Ecoles ont transmis une note au Ministre Marcourt pour dénoncer cette situation et pour demander un financement plus adéquat. La sonnette d’alarme est tirée. Le politique doit savoir qu’à politique inchangée, la qualité de notre enseignement va décroître. Personne ne souhaite cette situation, en tout cas pas les Hautes Ecoles dont les diplômés trouvent un emploi plus rapidement que les autres (universitaires compris).

Toutefois, dans un contexte économique (crise) et politique (réforme de l’Etat) difficile, si nous espérons un financement amélioré (peut-être 150.000 à 200.000 euros pour HELMo à brève échéance), cela restera largement  insuffisant.

C’est pourquoi, le Collège pense qu’il est également nécessaire  de réfléchir à nos pratiques, de confronter nos projets de formation à nos ressources humaines, organisationnelles et matérielles. Nous ne doutons pas de l’esprit créatif de toutes les catégories de personnels de la Haute École pour garder au centre notre volonté de former des jeunes citoyens en leur apportant les talents nécessaires pour réussir leur vie professionnelle et personnelle.

 

 

Le Collège de direction,

 

Alexandre Lodez, Directeur-président

Philippe Therer – Claudine Bultot – Etienne Sottiaux – Juan Herrera – Roland Schmetz, Directeurs de catégorie

Alexandre Lodez
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